Douleur interne du genou à la flexion : les signes qui doivent faire consulter
Publié par : Éléonore Valère-Grenet — Rédactrice spécialisée en santé
Une douleur sur la face interne du genou quand vous pliez la jambe peut venir du ménisque, d’un ligament, des tendons ou de l’arthrose. Sa localisation ne suffit pas à identifier la cause : le contexte d’apparition, le gonflement et la capacité à marcher comptent davantage. Un genou rouge et chaud avec de la fièvre, un blocage ou l’impossibilité de prendre appui nécessitent une évaluation rapide.
Repérer d’abord les situations qui ne doivent pas attendre
La face interne correspond au côté du genou situé vers l’autre jambe. Une gêne à cet endroit peut apparaître dans les escaliers, en position accroupie ou simplement en se relevant d’une chaise. Avant de chercher quel tissu est touché, vérifiez surtout ce que vous pouvez encore faire et les signes associés.
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- Consultez en urgence si le genou est rouge, chaud, très douloureux, particulièrement avec de la fièvre ou un malaise : une infection articulaire doit notamment être écartée.
- Faites-vous examiner rapidement après un traumatisme en cas d’impossibilité de marcher, de déformation, de gonflement important ou d’instabilité marquée.
- Ne forcez pas un genou réellement bloqué, lorsque vous ne parvenez plus à le déplier normalement : un avis médical rapide est nécessaire.
Sans ces signaux, prenez rendez-vous si la douleur persiste plusieurs jours malgré une adaptation des activités, revient régulièrement ou provoque une boiterie. Une douleur nocturne inhabituelle ou un gonflement inexpliqué justifient également une consultation. L’intensité seule ne permet pas de juger la gravité : une gêne modérée mais persistante mérite aussi une évaluation.
Ce que le déclenchement et la localisation peuvent indiquer
Lorsque le genou se plie, les surfaces articulaires se déplacent, les ménisques supportent des contraintes et les tendons coulissent. Une flexion profonde, surtout avec une charge ou une rotation, peut donc réveiller plusieurs types de lésions. Ces indices orientent, mais ne constituent pas un diagnostic à domicile.

Après une torsion ou un choc : ménisque et ligament
Le ménisque médial est une structure fibrocartilagineuse qui participe à la répartition des charges dans l’articulation. Une lésion peut provoquer une douleur sur l’interligne interne, notamment lors d’un accroupissement ou d’un pivot. Des accrochages, un gonflement ou un blocage sont possibles, mais leur absence n’exclut pas une atteinte méniscale. Certaines lésions apparaissent progressivement, sans accident précis.
Le ligament collatéral médial, aussi appelé ligament latéral interne, stabilise le côté interne du genou. Il peut être lésé lorsque le genou est poussé vers l’intérieur, par exemple après un choc latéral. La douleur suit alors souvent le trajet du ligament. Une proportion de 90 % des douleurs ligamentaires est décrite à son insertion haute, près du fémur ; ce repère ne suffit toutefois pas à confirmer une entorse ni à en déterminer la gravité.
Sans accident précis : tendons, bourse ou articulation
Une douleur située un peu sous l’interligne, sur la partie interne du tibia, peut évoquer une atteinte des tendons de la patte d’oie ou de la bourse qui facilite leur glissement. Une augmentation des sorties de course, des côtes ou des escaliers peut favoriser cette irritation. La pression locale peut être sensible, mais il faut un examen pour distinguer une tendinopathie d’une bursite ou d’une autre cause.
L’arthrose du compartiment interne peut entraîner une douleur à l’appui, une raideur après le repos et une diminution progressive de la mobilité. Les douleurs chroniques du genou concernent 25 % des adultes de plus de 55 ans, sans être toutes dues à l’arthrose. Enfin, un genou gonflé, chaud et douloureux même au repos peut relever d’une inflammation articulaire : il ne faut pas l’attribuer automatiquement à l’usure.
Soulager sans masquer une aggravation
En l’absence de signe d’alerte, commencez par un repos relatif : suspendez les mouvements qui déclenchent franchement la douleur, notamment les pivots, les flexions profondes et les efforts avec charge. Évitez toutefois l’immobilité prolongée sans indication médicale. Des déplacements courts et des mouvements doux restent généralement préférables s’ils ne provoquent ni boiterie ni aggravation.
- Froid : appliquez une poche froide enveloppée dans un tissu pendant une courte période, en surveillant la peau. Ne posez jamais de glace directement dessus.
- Surélévation : si le genou gonfle, surélevez la jambe au repos pour améliorer le confort.
- Compression légère : elle peut aider, mais retirez le bandage s’il entraîne des fourmillements, un pied froid ou une douleur accrue.
- Antalgique : demandez conseil au pharmacien ou au médecin selon vos traitements et antécédents. Les anti-inflammatoires ne conviennent pas à tout le monde et sont à éviter en cas de suspicion d’infection.
Considérez la douleur comme un fusible de charge, et non comme un obstacle à neutraliser pour terminer votre séance. Si un médicament ou une genouillère rend le mouvement plus confortable, cela ne prouve pas que le tissu supporte davantage d’effort. Observez aussi la réaction différée : une boiterie, un gonflement ou une douleur plus forte le lendemain indiquent que la sollicitation était excessive.
Une genouillère souple peut apporter du confort, mais elle ne répare ni un ménisque ni un ligament. Une orthèse stabilisatrice répond à une indication précise et doit être adaptée. Évitez également les massages appuyés et les étirements forcés sur une zone récemment traumatisée.
Obtenir un diagnostic utile plutôt qu’une imagerie systématique
Le médecin recherche le mécanisme de survenue, la localisation exacte, l’amplitude de flexion et d’extension, un épanchement et une éventuelle instabilité. Il examine aussi les structures voisines. Préparez quelques informations simples : date de début, accident éventuel, activités récemment augmentées, mouvements douloureux et évolution du gonflement.
L’examen clinique guide le choix des examens complémentaires. Une radiographie peut être indiquée pour rechercher une atteinte osseuse ou de l’arthrose. L’IRM explore notamment les ménisques et les ligaments, mais elle n’est pas nécessaire pour toute douleur interne. Une échographie peut être utile pour certaines structures superficielles. Si une infection ou une inflammation articulaire est suspectée, d’autres examens, parfois une ponction, peuvent être nécessaires.
Le traitement dépend ensuite de la cause : adaptation des efforts et rééducation pour de nombreuses situations, orthèse pour certaines entorses, traitement médical ciblé pour une maladie inflammatoire. Une lésion méniscale n’entraîne pas automatiquement une opération. La chirurgie se discute selon les symptômes, le type de lésion et l’évolution. Une téléconsultation peut orienter, mais ne remplace pas l’examen physique lorsqu’un genou est bloqué, instable ou très gonflé.
Retrouver la flexion puis reprendre les efforts progressivement
En dehors d’un traumatisme nécessitant une protection ou d’un signe d’alerte, mobilisez doucement le genou dans une amplitude confortable. Assis ou allongé, faire glisser lentement le talon vers soi puis revenir peut entretenir la mobilité, sans chercher à atteindre une flexion maximale. Arrêtez si le mouvement déclenche une douleur vive, un accrochage ou une aggravation durable.
Un kinésithérapeute peut ensuite adapter le renforcement du quadriceps, des muscles de hanche et des muscles postérieurs de la cuisse. L’objectif est de restaurer la tolérance aux gestes utiles : marcher, se relever, monter une marche, puis reprendre les contraintes sportives. Il n’existe pas de programme universel ni de délai unique de récupération.
Pour reprendre, recherchez d’abord une marche sans boiterie, un gonflement absent ou maîtrisé et une mobilité satisfaisante. Augmentez une seule variable à la fois : durée, fréquence ou intensité. Si les symptômes réapparaissent, revenez au niveau précédemment toléré. Une douleur qui récidive malgré ces adaptations nécessite une réévaluation, plutôt qu’une succession de pauses et de reprises identiques.
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